Un livre d'Alexandre Bergamini. Ed. Picquier, 2020.

Parti avec son compagnon, le narrateur (qui se confond avec l'auteur) prendra le large durant le voyage, ayant envie de vivre à son propre rythme.

Il est venu pour découvrir un pays qui le renverra au souvenir de son frère, suicidé il y a quelques années. Ensemble, ils ont fait du judo, son frère brillamment. (En observant les pieds de Bergamini, un homme lui dira qu'il a été judoka !)

Il fait une sorte de chemin spirituel - non religieux - à travers le deuil. Voilà ce qu'il dit p 111 : « À sa mort, je n'ai pas mis longtemps à comprendre ce qu'était réellement la nature humaine ; je ne voulais pas y croire et je me suis égaré en quête d'humanité. Les églises sentaient la tombe et la crucifixion, la nature assurait la consolation, le renouvellement, la désintégration et la renaissance de soi. » Il marche dans la rue et il aime « Avoir la place de s'entendre : là où l'on est généralement hors de soi, distrait de soi-même. »

Le récit avance en même temps que les réflexions philosophiques : il souhaite vivre au présent, face à la brièveté de la vie.

Il plonge dans cette civilisation si différente de la nôtre. Les japonais ont envie d'échanger avec lui. « Pour un peuple que l'on dit fermé et hermétique, les gens sont chaleureux, ouverts au partage et à la complicité. »

Il rencontre un petit garçon qui lui apprend les mots japonais pour les sens : nez, bouche, œil, oreille ; un directeur de théâtre qui l'invite à une séance de théâtre no'.

Il rencontre pour une nuit un homme dont il tombe amoureux : ils passent la nuit à déambuler, leur approche est pleine de délicatesse.

Après une première partie à Tokyo, il part pour un trajet de 5 heures jusqu'aux « Alpes japonaises », pour marcher. Il sera logé par un couple très généreux et discret (on connaît ce caractère japonais!) qui vit dans une maison traditionnelle.

Afin d'éloigner les ours, il accroche une clochette à son sac.

Beauté du paysage : montagnes, plateaux de rizières, jolis villages.

Le texte utilise des auteurs japonais ou d'origines diverses, que l'auteur apprécie. Par exemple Basho', le poète marcheur. Il cite toute une bibliographie en fin de récit.

Une histoire très agréable, sensible, qui donne envie d'aller au Japon.

Le titre vient d'un texte de Akutagama, Journal d'un idiot.

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